Extrait de la tribune : « Les attaques politiques visant la CEDH se font de plus en plus frontales et existentielles » Tribune Nicolas Hervieu Juriste Après une lettre ouverte de neuf chefs de gouvernement européens, critiquant la Cour européenne des droits de l’homme, le juriste Nicolas Hervieu rappelle, dans une tribune au « Monde », qu’affaiblir les droits de certaines catégories d’êtres humains conduit mécaniquement à fragiliser les droits de tous.Publié aujourd’hui à 19h00 Temps deLecture 4 min. Au fil des décennies, la Cour européenne des droits de l’homme a traversé nombre de tempêtes et n’a jamais été épargnée par les critiques, notamment étatiques. Inévitable rançon du succès, diront certains. Toutefois, ces dernières années, la donne a changé. Les attaques visant la Cour de Strasbourg se font plus frontales et existentielles. A l’unisson d’un vent illibéral qui souffle sur toute la planète, chaque jour un peu plus fort. Dans ce contexte, la « lettre ouverte » cosignée le 22 mai par neuf chefs de gouvernement est un signal aussi inédit qu’alarmant. Pour la première fois, des dirigeants européens ont collectivement critiqué la jurisprudence de la Cour européenne et publiquement appelé à une évolution de « l’interprétation de la Convention européenne des droits de l’homme » au sujet des ressortissants étrangers. Une première lecture, politique, conduit à remarquer que cette lettre est née de l’initiative des premières ministres italienne et danoise – notoirement hostiles aux étrangers –, suivies par un ensemble assez hétéroclite de chefs de gouvernement (autrichien, belge, estonien, letton, lituanien, polonais et tchèque). La présence de certains s’explique par leur ancrage à l’extrême droite, d’autres par l’importance politique du sujet migratoire dans leurs Etats respectifs. Garanties basiques Mais c’est l’analyse juridique qui est la plus éclairante. Car les reproches faits à la Cour européenne sont-ils fondés ? En réalité, non.
Tribune publiée ce jour dans @lemonde.fr.
Sur les pressions politiques (graves & inédites) exercées sur la Cour européenne des droits de l’homme par neuf chefs de Gouvernement.
Une menace pour les droits de tous, les étrangers comme les européens.
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